Mythe du Web no 4 : j’ai besoin d’un spécialiste UX

UX

Le UX est une contraction phonétique qui vient de l’expression user experience (prononcez User Xperience à l’anglaise). Le UX est un acronyme très tendance dans un monde qui en compte déjà beaucoup. Or voilà, tout ce qu’on dit à propos du UX relève généralement de l’opinion personnelle puisque personne ne s’entend vraiment sur la définition du UX…

Défi : définir ce qu’est le UX. Double défi : illustrer clairement le positionnement de ce «domaine» d’expertise par rapport aux autres domaines impliqués dans le numérique. Par exemple, comment distinguer le UX de l’analyse fonctionnelle ou du design? Au moment où l’on croyait avoir réussi à distinguer un analyste fonctionnel d’un designer, voilà que le UX vient jouer les trouble-fête en proposant des expertises semblables à celles de ses deux collègues!

On pourrait dire qu’il y a (déjà) deux façons de considérer le UX : le UX de type «séquentiel» et le UX de type «ad hoc». Le UX séquentiel est une étape préalable au design. Il est composé d’activités comme des tests utilisateurs et l’élaboration de diagrammes d’interfaces (aussi appelés wireframes). On peut donc se référer à un spécialiste du UX pour s’assurer de la convivialité d’une série d’interfaces avant de passer à l’étape du design visuel. Dans ce cas, le UX assume la responsabilité d’une étape particulière d’un projet.

Le UX ad hoc, quant à lui, consiste à adopter une perspective plus grande quant à l’expérience vécue par les utilisateurs (satisfaction, réflexes, aisance, état d’esprit, émotions, motivation, etc.). Bref, le spécialiste ad hoc en UX agira donc comme conseiller et approuvera l’ensemble des étapes d’un projet.

Logique tout ça non? La réalité n’est pas toujours aussi simple.

En pratique, beaucoup de designers sont assez perplexes par rapport au UX. Selon eux, un vrai designer ne s’intéresse pas qu’aux questions esthétiques. Ils s’intéressent à la résolution de problèmes qui incluent la convivialité, la satisfaction des usagers, l’atteinte d’un objectif et bien sûr la facture visuelle. Ces designers vous diront qu’ils se préoccupent depuis toujours des mêmes principes qui sont associés au UX aujourd’hui. Pour eux, le UX est une mode et ne représente rien de bien nouveau…

Alors? Je pense que le UX est plus un symptôme qu’un métier. Pourquoi? Puisqu’à mon avis, la popularité du UX est directement reliée au manque de considération de la plupart des intervenants du numérique quant à l’expérience utilisateur (client, gestionnaire, designer, intégrateur, rédacteur, etc.). Un intervenant spécialiste en UX aura une portée très limitée dans un projet où il est le seul à accorder de l’importance à l’expérience utilisateur. Inversement, si tous les acteurs intègrent la notion d’expérience utilisateur (ce qui devrait être le cas), le spécialiste UX devient inutile.

Retenons que l’expérience utilisateur n’est pas une notion complexe et mystérieuse. Elle implique simplement d’être à l’écoute de vos utilisateurs (vos clients). Il est vrai qu’il est facile de perdre de vue l’expérience utilisateur en cours de réalisation de projet. Or, tout bon gestionnaire de projets numériques connaît bien ce phénomène et sait remettre l’expérience utilisateur au centre des préoccupations.

Pour en savoir plus sur le domaine de l’expérience utilisateur, consultez le livre : Don’t make me think de Steve Krug

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