Mythe du Web no 3 : Pour attirer l’attention, ça prend une grosse photo ou mieux, un carrousel d’images

signal-flags-1171559

Les pages Web ne sont pas lues de la même façon que les documents imprimés comme les magazines ou les journaux. Le contexte de consultation est différent et surtout, les besoins et les motivations sont très différents. On doit donc adapter nos stratégies en commençant par abandonner les façons de faire qui viennent de l’époque de l’imprimé pour adopter les pratiques propres au Web. Par exemple, si on veut attirer l’attention sur une fonction ou un sujet dans un site Web, il se peut fort bien qu’une très grande image au graphisme très actuel et professionnel soit complètement inefficace et même pratiquement invisible. Je sais, c’est difficile à croire, mais c’est vrai. De nombreux tests d’oculométrie (mesure du parcours de la rétine de l’oeil sur une page Web) démontrent que ce type de visuel n’est pratiquement pas regardé.

Quand un internaute consulte un site Web corporatif, il est à la recherche d’information : il a un besoin et une idée en tête. La première chose qu’il fait (inconsciemment diront certains) est de repérer les menus et la navigation en se posant a question : «Comment je m’oriente dans ce site ? Quelle rubrique est la plus susceptible de me guider vers l’info que je cherche ou la tâche que je souhaite effectuer?». Si l’internaute ne trouve pas ses repères rapidement (soit après environ 1 seconde), il tentera alors de localiser le moteur de recherche du site ou encore, il retournera faire une recherche dans Google (je dis «retourner» parce qu’il était probablement sur Google avant de visiter le site en question). Ce comportement est intimement lié à la motivation de l’internaute. Dans ce genre de situation, un item de menu (en texte) attire donc beaucoup plus l’attention qu’une grande image puisque le menu est tout simplement en lien avec le besoin et le comportement de consultation de l’internaute.

Une autre raison qui explique l’invisibilité des grandes images vient du fait que les internautes ont une aversion assez marquée envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la publicité. Généralement, la publicité dérange l’internaute parce qu’elle cherche à «se mettre dans son chemin» afin d’attirer son attention. Ainsi, les grandes images sont plutôt assimilées comme des bannières de type publicitaire et par conséquent : éliminées rapidement du regard des internautes. Elles deviennent donc invisibles.

Le principe d’invisibilité des grandes images est souvent contre-intuitif, surtout pour les intervenants qui ont beaucoup de vécu en production imprimée. Mais le défi du communicateur est d’identifier les solutions qui répondent aux besoins des utilisateurs et qui donnent des résultats, sans égard aux préférences personnelles, aux modes et… aux pratiques de l’imprimé.

Cela dit, les grandes images ne sont pas complètement inutiles. Elles servent à dégager une image globale de crédibilité. Il faut simplement éviter de leur accorder une importance démesurée par rapport à d’autres composantes d’un site.

Pour en savoir plus sur la façon dont les internautes «voient» les sites Web, consultez l’ouvrage Eyetracking Web Usability (Jakob Nielsen et Kara Pernice) qui fait état de beaucoup de tests d’oculométrie.

Partager cet article

Related Articles